Valérie Thomas
uvre dans lart vivant depuis plusieurs années. Elle propose avec 4 comédiennes une performance thétrale et artistique les 15 et 16 avril à 18h30 à lHtel de Ville de Paris (entrée libre) :
DIX MOI DE CHAIR, DIX MOI DE CHIFFON POUR PORTER TEMOIGNAGE, PORTER STIGMATE
Nous tenir debout devant vous, dans une position non provocante, mais qui ne permet aucune ambigité, dans nos corps sexués, dix moi de chair, et nos corps stigmates, dix moi de chiffon, pour porter témoignage, porter stigmate. Cest bien cela, nest-ce pas la violence contre, marquer, stigmatiser, un autre corps, un corps autre. Attention ici les stigmates sont métaphores, ils témoignent de violences visibles et invisibles, violences réelles ou sa simple menace, fantasme ou bien mythe, ils sincarnent dans ces corps sexués, ces corps autres .
RENDRE LA DIGNITé PAR L'IMAGE
Quel est votre parcours en tant que photographe ? L. D. H. | Mon regard de photographe sest formé sur les chemins de lhumanitaire. Quand on part sur le terrain pour une ONG dans le but de porter secours aux populations ce qui a été le cas avec lassociation équilibre on na pas la mme distance quun photographe en qute de prises de vue sensationnelles. Je suis parti en tant que logisticien, chef de mission, coordinateur. Jai croisé des regards, des parcours, de la souffrance. Javais besoin de témoigner. Mais je ne cherchais pas à dénoncer en mappuyant sur la pitié, ni à proposer des belles images sans me. La proximité avec la personne victime ma toujours permis de saisir lessentiel. Elle rend la dignité au sujet et à son regard.
Pourquoi avez-vous choisi de collaborer avec MdM ? L. D. H. | Cela a été un concours de circonstances. Javais déjà commencé à travailler sur la violence faite aux femmes bien avant de croiser MdM. Montrer la violence que subissent les femmes et les mères était une manière de dénoncer indirectement la détresse des enfants. Pendant deux ans, jai suivi le parcours dune femme héronomane et atteinte du sida au Vietnam. Ce travail, je lai présenté à MdM au moment o le groupe thématique Violences faites aux femmes lanait un projet photographique pour témoigner de cette réalité. Mon métier est une forme dengagement. MdM cherchait un photographe avec mon regard. Notre collaboration est née comme une évidence.
FEMMES, APRES COUP
est une installation photographique
et sonore de Médecins du Monde pour dire les violences et témoigner des possibles reconstructions.
A partir des reportages de Lâm Duc Hiên Femmes, après-coup, une installation photographique qui s'appuie sur des mannequins de vitrine, comme supports de visuels, fenêtres sur le réel, celui des femmes d'Asie, d'Amérique latine, d'Afrique et d'Europe où Lâm Duc Hiên a travaillé avec Médecins du Monde. Les violences, qu'elles soient physiques, morales ou économiques ne sont plus des abstractions, les visages et les voix ne sont plus ceux de victimes anonymes mais de femmes vivantes. Leur parole témoigne de leurs parcours et surtout de reconstructions possibles.
